Marco Vichi

Le commissaire Bordelli



Le commissaire Bordelli, bien que compétent et doué, fait tache dans son commissariat : sa morale ne s'accorde pas toujours avec la loi. Sans doute cela vient-il de la guerre et de la lutte contre les nazis. Ses amis, tous plus ou moins décalés, ont l'avantage dêtre aimables et fidèles, quelle que soit leur origine sociale - et Dieu sait que celle-ci peut varier !

C'est une Florence écrasée par la chaleur de l'été que parcourt le commissaire dans sa Coccinelle bruyante, plus à la recherche d'impressions que d'indices sur la mort suspecte d'une vieille dame. S'il regarde avec bienveillance les petits délinquants qui n'ont aucun moyen de sortir de la pauvreté, il en est tout autrement des riches occupants des villas des collines. Sauf si ceux-ci, de l'avis de tous, ont un grain : Bordelli apprécie alors les discussions philosophiques.

Florence tisse sa trame en arrière-plan, en digne vieille dame qu'elle est. Les vieux palais aux murs épais gardent la fraîcheur au cœur de l'été ; on mange la ribollita, la soupe aux haricots ; et les moustiques venus de l'Arno ne laissent aucun répit.

Un défaut à ce livre pourtant prometteur : le style. Au moins au début, tout est plat, sans profondeur. Les caractères sont posés a priori, les personnages sont sans nuances.