James Lee Burke

Billy Bob Holland



Le Texas : un Etat pas tout à fait sorti du Far West, encore plein de violence et de cow boys. Ceux-ci sont devenus ouvriers des pétroles ou, pour les plus riches, propriétaires de puits. Deaf Smith est une petite ville, encore nostalgique des années cinquante, des drive-in et des restaus en plein air. Mais les tensions entre ses habitants sont bien réelles.

Billy Bob Holland est avocat, ni riche ni pauvre : c'est un petit propriétaire terrien, qui emploie un métayer pour cultiver ses terres. Non loin, une tranchée large et profonde : le Chisholm Trail, la route des troupeaux de bêtes conduits par les cow boys au XIXe siècle.

« Notre ville de Deaf Smith, au nord de Houston, dans une région vallonnée du Texas où les membres de la classe ouvrière bataillaient avec les trépans sur les tours de forage ou débarrassaient les tables tandis que les nouveaux riches mâchouillaient leurs cure-dents au country club. »

Billy Bob est issu de la classe ouvrière et n'est qu'un faux "col blanc" : du temps où il faisait partie des Texas Rangers, il a plus d'une fois traversé la frontière avec le Mexique, histoire de descendre quelques passeurs de drogue. Il est hanté par le fantôme de son coéquipier d'alors, qu'il a abattu accidentellement.

Tout comme Dave Robicheaux, l'autre personnage de Burke, Holland a un passé tourmenté. Ses relations avec son fils illégitime sont fort difficile (sujet de sa première aventure). Son sens de la justice le pousse à défendre les pauvres contre les arnaques des richards, se mettant ainsi à dos à la fois les flics corrompus et les bandes de nervis à la solde de ses ennemis. Deux consciences se battent en lui : la catholique, issue de sa conversion en mémoire de son ami mexicain ; et l'âme même de ce dernier, qui le pousse à péter les plombs. N'énervez pas Billy Bob, si vous ne voulez pas être traîné dans tout le pays au mauvais bout d'un lasso !

« Avec ses galeries protégées de moustiquaires et son absence d'air conditionné, Shorty aurait pu être un rade à barbecue délabré rescapé d'un autre temps mais, soit par curiosité, soit par besoin, toutes les catégories sociales du voisinage en franchissaient le seuil.
On s'y adonnait à la dope et à la baise. Les bikers se défonçaient aux amphés; les épouses esseulées d'ouvriers du pétrole allaient finir la soirée au Super 8 Motel en compagnie d'étudiants; des culs-terreux se démolissaient le portrait entre les arbres; et les gens du show-biz de Frederickburg venaient apprécier le spectacle comme des visiteurs ravis dans un zoo. »

Bibliographie partielle

  • La rose du Cimarron (1997).
  • Heartwood (1999).

Les ouvriers des derricks, fermiers, prolétaires en général sont appréciés par Billy Bob Holland, parce que ce sont des West Enders, comme lui - ou parce que leur mode de vie, leur simplicité non exempte d'intelligence pratique leur donnent un a priori favorable dans sa conscience catholique. Par contre, les East Enders, nouveaux riches du pétrole souvent arrivés d'ailleurs, sont corrompus et corrupteurs, sans parler de leurs rejetons qui se croient tout permis. Au milieu, les Mexicains, main d'oeuvre corvéable à merci.

Du sacré boulot en perspective pour un avocat honnête et muni d'une haute conscience de la justice.