S. A. Steeman

L'assassin habite au 21



« Vous trouveriez difficilement deux personnes considérant un pays ou une ville sous le même angle. Ainsi, Londres... Pour les uns, cela signifie Picadilly Circus et son bouquet d'enseignes lumineuses; pour les autres, une maison amie de Bloomsbury ou de Belgravia; pour d'autres encore, Rotten Row et ses amazones, Chelsea et ses quais balayés par le vent.
Pour M. Julie, Londres, c'était le British Museum. »

Pauvre monsieur Julie, pauvre petit Français timide, que n'aurait-il dû s'informer avant de s'embarquer pour la brumeuse Londres ! Car dans ce brouillard impénétrable rôde le terrible Mr Smith, l'assassin qui assomme ses victimes pour leur argent et pour le plaisir, et qui laisse sa carte de visite pour faire la nique aux policiers...

Lesquels dignes enquêteurs de Scotland Yard ne sont pas complètement manchots. A force d'appels à témoignage et de surveillance des rues par les emi>bobbies, ils sont arrivés à localiser le domicile de Mr Smith : 21, Russell Square ! Seul problème : c'est une pension de famille bien anglaise, abritant , dans le désordre : un fakir, un vieux couple, un major des Indes, un acteur russe, une vieille fille, une jeune publicitaire, un docteur... Et M. Julie, nouvel arrivant.

On se retrouve alors avec un Who dun'it dans les règles : M. Julie est tué. L'assassin est là. Va-t-on le retrouver avant qu'il ne frappe à nouveau ? Tatatan...

« Maintenant il était sur le trottoir, en pleine purée de pois. La rue, glissante et grasse, luisait comme un ciré de policeman. On avait l'impression d'être atteit de surdité, on se cognait à des fantômes. »

« Le Superintendant Strickland passait, avec raison, pour l'homme le plus flegmatique de Scotland Yard. Mrs Strickland, elle-même, avait renoncé définitivement à lui faire perdre son sang-froid le jour qu'elle lui avait donné, pour la troisième fois, des jumelles.
---Et alors ? fit-il, quand l'inspecteur Fuller lui eut relaté le crime commis dans Rackham Street. »